19 août 2017

8 novembre 1963 [Mgr Lefebvre] Cinquième intervention au concile (sur l'œcuménisme)

SOURCE - Mgr Lefebvre - 8 novembre 1963

Vénérables Frères,

Nous sommes quelques Pères d’accord avec l’intention du Schéma et toutes ses affirmations relatives aux dispositions internes à l’égard des frères séparés. Puissions-nous, pour notre part, fournir tous les efforts légitimes afin que ces frères reviennent à l’unité de l’Eglise 

Cependant et pour bien des raisons, ce schéma ne nous semble pas favoriser le retour à cette véritable unité. C’est pourquoi, en général, il ne nous plaît pas. Je m’explique :
  1. Pour son titre même, nous approuvons les observations des Eminentissimes Cardinaux Ruffini et Bacci.
  2. Aux chapitres I, II et III, l’exposition des principes nous paraît favoriser un faux irénisme, soit en obscurcissant la vérité, soit en attribuant des dons spirituels excessifs aux frères séparés.
1. En premier lieu, voici comment les vérités sont amoindries :

Il est bien dit, page 17, lignes 20 à 24 : « Rien n’est plus étranger à l’œcuménisme que ce faux irénisme qui détériore la pureté de la doctrine catholique ou en obscurcit la signification véritable et certaine. » En fait, cependant, les vérités les plus fondamentales en ce domaine sont amoindries. Par exemple :
  • Page 7, lignes 25 et suivantes, la vérité essentielle pour encourager l’unité n’est affirmée qu’indirectement et incomplètement, à savoir que l’unique et indispensable source d’unité est le Souverain pontife, Successeur de Pierre et Vicaire du Christ. Là où est le Vicaire du Christ, là est l’Eglise catholique. Là où est le Vicaire du Christ, là est l’Eglise des Apôtres. Un est Dieu, Un est le Christ, Un est le Vicaire du Christ, Une est l’Eglise. Or, le Vicaire du Christ n’est autre, ici sur terre, que le Pontife romain.
    Cette vérité, d’elle-même, avec force et douceur, attire les âmes vers l’Eglise, Épouse du Christ et notre Mère.
  • Page 9, ligne 2, l’Eglise est dite « secours général du salut« . Or, si l’on recourt à la Lettre du Saint-Office[2], on y trouve également ceci : « C’est pourquoi personne ne sera sauvé qui, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, refuse pourtant de se soumettre à l’Eglise, ou bien dénie l’obéissance due au Pontife romain, Vicaire du Christ. En effet, notre Sauveur n’a pas seulement prescrit à tous les hommes d’entrer dans l’Eglise ; il a aussi institué l’Eglise comme moyen de salut sans lequel personne ne peut entrer dans le royaume de la gloire céleste.»
  • On voit dès lors que, dans le document cité, l’Eglise n’est pas seulement « un secours général du salut».
Ces exemples montrent clairement que la vérité est amoindrie.

2. En deuxième lieu, il n’est pas parlé correctement de l’inspiration du Saint-Esprit et des biens spirituels dont jouissent les frères séparés.
Page 8, ligne 33, il est dit : « Le Saint-Esprit ne refuse pas de se servir de ces Eglises et Communautés ». Or, une telle affirmation contient une erreur : une Communauté, en tant que Communauté séparée, ne peut jouir de l’assistance du Saint-Esprit, puisque sa séparation est une résistance au Saint-Esprit. Celui-ci ne peut qu’agir directement sur les âmes ou user des moyens qui, de soi, ne portent aucun signe de séparation.
Bien d’autres exemples pourraient être apportés, notamment au sujet de la validité du baptême, de la foi de ceux dont le texte ne parle pas comme il se doit… Mais le temps nous presse.
Au chapitre V, sur « la liberté religieuse », toute l’argumentation s’appuie sur un principe faux. 
On y considère comme équivalentes, en effet, la norme subjective et la norme objective de la moralité. 
Les suites de cette équivalence sont telles dans toutes les sociétés, familiale, religieuse, civile, que le principe en est évidemment faux. On dit à ce propos : « Le bien commun servira de norme aux autorités.» 
Alors, comment définir le bien commun, lequel doit être entièrement fondé sur une norme objective de moralité?
En conclusion : les trois premiers chapitres sur « l’œcuménisme » favorisent un faux irénisme ; le chapitre V, fondé sur le subjectivisme, favorise l’indifférentisme. Aussi, nous repoussons ce schéma.

J’ai dit.


(Texte non lu publiquement, déposé au Secrétariat généal du concile)

6 novembre 1963 [Mgr Lefebvre] Quatrième intervention au concile (sur les évêques)

SOURCE - Mgr Lefebvre - 6 novembre 1963

Vénérables Frères,

Nous sommes quelques Pères d’accord avec l’intention du Schéma et toutes ses affirmations relatives aux dispositions internes à l’égard des frères séparés. Puissions-nous, pour notre part, fournir tous les efforts légitimes afin que ces frères reviennent à l’unité de l’Eglise !

Cependant et pour bien des raisons, ce schéma ne nous semble pas favoriser le retour à cette véritable unité. C’est pourquoi, en général, il ne nous plaît pas. Je m’explique :
1° - Pour son titre même, nous approuvons les observations des Eminentissimes Cardinaux Ruffini et Bacci.

2° - Aux chapitres I, II et III, l’exposition des principes nous paraît favoriser un faux irénisme, soit en obscurcissant la vérité, soit en attribuant des dons spirituels excessifs aux frères séparés.
1. En premier lieu, voici comment les vérités sont amoindries : 
  • Il est bien dit, page 17, lignes 20 à 24 : «Rien n’est plus étranger à l’oecuménisme que ce faux irénisme qui détériore la pureté de la doctrine catholique ou en obscurcit la signification véritable et certaine.» En fait, cependant, les vérités les plus fondamentales en ce domaine sont amoindries. Par exemple :  
  • Page 7, lignes 25 et suivantes, la vérité essentielle pour encourager l’unité n’est affirmée qu’indirectement et incomplètement, à savoir que l’unique et indispensable source d’unité est le Souverain pontife, Successeur de Pierre et Vicaire du Christ. Là où est le Vicaire du Christ, là est l’Eglise catholique. Là où est le Vicaire du Christ, là est l’Eglise des Apôtres. Un est Dieu, Un est le Christ, Un est le Vicaire du Christ, Une est l’Eglise. Or, le Vicaire du Christ n’est autre, ici sur terre, que le Pontife romain. Cette vérité, d’elle-même, avec force et douceur, attire les âmes vers l’Eglise, Epouse du Christ et notre Mère. 
  • Page 9, ligne 2, l’Eglise est dite «secours général du salut». Or, si l’on recourt à la Lettre du Saint- Office , on y trouve également ceci : «C’est pourquoi personne ne sera sauvé qui, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, refuse pourtant de se soumettre à l’Eglise, ou bien dénie l’obéissance due au Pontife romain, Vicaire du Christ. En effet, notre Sauveur n’a pas seulement prescrit à tous les hommes d’entrer dans l’Eglise ; il a aussi institué l’Eglise comme moyen de salut sans lequel personne ne peut entrer dans le royaume de la gloire céleste.» 
On voit dès lors que, dans le document cité, l’Eglise n’est pas seulement «un secours général du salut». 
Ces exemples montrent clairement que la vérité est amoindrie. 
2. En deuxième lieu, il n’est pas parlé correctement de l’inspiration du Saint-Esprit et des biens spirituels dont jouissent les frères séparés. 
  • Page 8, ligne 33, il est dit : «Le Saint-Esprit ne refuse pas de se servir de ces Eglises et Communautés». Or, une telle affirmation contient une erreur : une Communauté, en tant que Communauté séparée, ne peut jouir de l’assistance du Saint-Esprit, puisque sa séparation est une résistance au Saint- Esprit. Celui-ci ne peut qu’agir directement sur les âmes ou user des moyens qui, de soi, ne portent aucun signe de séparation. 
Bien d’autres exemples pourraient être apportés, notamment au sujet de la validité du baptême, de la foi de ceux dont le texte ne parle pas comme il se doit… Mais le temps nous presse. 
Au chapitre V, sur «la liberté religieuse», toute l’argumentation s’appuie sur un principe faux. 
On y considère comme équivalentes, en effet, la norme subjective et la norme objective de la moralité.
Les suites de cette équivalence sont telles dans toutes les sociétés, familiale, religieuse, civile, que le principe en est évidemment faux. On dit à ce propos : «Le bien commun servira de norme aux autorités.»

Alors, comment définir le bien commun, lequel doit être entièrement fondé sur une norme objective de moralité ?

En conclusion : les trois premiers chapitres sur «l’oecuménisme » favorisent un faux irénisme ; le chapitre V, fondé sur le subjectivisme, favorise l’indifférentisme. Aussi, nous repoussons ce schéma.

J’ai dit.

(Texte non lu publiquement, déposé au Secrétariat général du concile)

17 octobre 1963 [Mgr Carli] Texte proposé à la place du chapitre 27 §16 du schéma sur l'Église

SOURCE - Mgr Carli - 17 octobre 1963

Selon l’Evangile, d’institution de Notre-Seigneur Lui-même, saint Pierre et les autres apôtres forment un Collège, en tant qu’ils gardent entre eux la communion sous l’autorité de Pierre ; de même, sont unis entre eux le Successeur de Pierre, le Pontife romain et les évêques, successeurs des apôtres.

La Sainte Ecriture et la Tradition de l’Eglise nous enseignent que, en des cas extraordinaires seulement, les apôtres et leurs successeurs, réunis en Conciles, ont agi collégialement, sous la conduite de Pierre ou des Pontifes romains. Les apôtres, en effet, remplirent personnellement leur mission et transmirent leur pouvoir à leurs successeurs, comme eux-mêmes l’avaient reçu de Notre- Seigneur.

Le Saint Concile, appuyé sur ces saintes traditions, confirme :

Seul le Pontife romain possède personnellement un pouvoir épiscopal, plein et ordinaire, sur l’Eglise universelle. Les évêques, eux, successeurs des apôtres, tels de vrais pasteurs, paissent et gouvernent chacun, avec un pouvoir personnel, immédiat et plénier en son ordre, leur propre troupeau à eux confié.

Par là et quelquefois les évêques aussi, soit tous ensemble, soit quelques-uns, sur convocation ou avec l’approbation du Pontife romain, se réunissent en véritable et propre Collège, agissant d’une seule autorité pour définir et régir les intérêts de l’Eglise universelle ou des Eglises particulières. Telle est la constante et unanime tradition de l’Eglise catholique et nul ne peut la mettre en doute.

Telle est l’ineffable et admirable Constitution de l’Eglise, restée immuable jusqu’à présent et destinée à le rester jusqu’à la fin des siècles, selon les promesses de Notre-Seigneur.

Certes, les circonstances actuelles conseillent aux évêque de se réunir plus fréquemment, unis dans la charité du Christ, afin de mettre en commun leurs pensées, leurs désirs, leurs décisions, leurs soucis pastoraux, gardant toujours une parfait unité, sans jamais toutefois diminuer le pouvoir du Pontife romain, ni celui de chacun des évêques.

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Pourquoi la Tradition ?

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 19 août 2017


Pouvez-vous, s’il vous plaît, résumer le Concile ?
– L’homme remplace Dieu. Et voilà, c’est facile !
Une des vraies raisons pour laquelle la Fraternité Saint Pie X est en train de « perdre sa saveur » (cf. Mt. V, 13) vient de ce que toute une génération de catholiques Traditionnalistes grandissent sans savoir pourquoi ils sont Traditionnalistes. Or, un catholique voulant garder la foi, ne doit-il pas savoir pourquoi il doit suivre la Tradition ? Dans toute l’histoire de l’Église catholique, le Concile Vatican II a sans doute été le théâtre de la plus violente agression contre la Tradition. Il est donc fort utile d’examiner le résumé en dix points du nouvel enseignement de Vatican II que l’on trouve dans une encyclopédie moderniste (Harper Collins, 1995). Nous avons là, pour chaque point, un bon condensé des erreurs de Vativan II. Ci-après, voici en italique, les dix points modernistes, suivis de la trame succincte de leur réfutation.

1 En premier lieu, l’Église est un mystère ou un sacrement ; elle n’est pas, avant tout, une organisation ou une institution. « Mystère » et « sacrement » sont ici des termes délibérément vagues pour permettre de diluer la notion de structure de l’Église. Pourtant, Notre Seigneur n’a-t-il pas clairement institué Pierre afin qu’il dirige ses apôtres et ses disciples pour le salut des âmes ? Pierre est pape ; les épîtres de saint Paul indiquent bien que les apôtres deviennent évêques et que les disciples accèdent à la prêtrise.

2 L’Église est constituée de tout le peuple de Dieu, et pas seulement de sa hiérarchie, clergé et religieux. Bien sûr, l’Église catholique comprend tous les catholiques, laïcs comme prêtres, mais les prêtres en sont la colonne vertébrale, ou la structure.

3 La justice et la paix font partie intégrante de la mission de l’Église, qui ne saurait se limiter à la prédication de la Parole et à la célébration des sacrements. La doctrine et les sacrements sont les moyens fondamentaux par lesquels l’Église catholique a contribué, plus que n’importe quoi ou n’importe qui d’autre, à la justice et à la paix dans le monde.

4 L’Église englobe tous les chrétiens et ne se borne pas à la seule Église catholique. Les « chrétiens » non catholiques ne peuvent jamais être d’authentiques chrétiens, dans la mesure où, pour ne pas être catholiques, ils doivent rejeter une partie plus ou moins grande de ce que Notre-Seigneur a institué.

5 L’Église est une communion, ou un collège, d’églises locales, lesquelles ne sont pas simplement des divisions administratives de l’Église universelle. Le chaos régnant aujourd’hui dans les « églises locales » du monde entier, prouve éloquemment qu’elles doivent être universellement unies et administrées sous le gouvernement – sage – d’un Pape à Rome.

6 L’Église est une communauté eschatologique ; Elle n’est pas encore complètement le Royaume de Dieu. Partout où les âmes sont en état de grâce, Dieu est roi, non seulement dans le ciel, mais déjà ici-bas sur la terre.

7 L’apostolat des laïcs est une participation directe à l’apostolat de l’Église, et pas seulement une mission que la hiérarchie se chargerait de partager avec eux. De même que le corps humain a besoin à la fois du squelette et de la chair, de même le corps mystique de l’Église a besoin à la fois du clergé et des laïcs (cf. I Cor. XII). Les erreurs opposées (cléricalisme et laïcisme) proviennent de ce qu’on exagère le rôle de l’un ou de l’autre. L’Église a besoin des deux.

8 Il existe une hiérarchie des vérités ; tous les enseignements de l’Église ne sont pas équivalemment contraignants ou essentiels à l’intégrité de la foi catholique. Seules les vérités non dogmatiques peuvent être classées par ordre d’importance. En revanche, les dogmes catholiques sont tous au même rang absolu, parce que nier un seul d’entre eux revient à nier l’autorité de Dieu, soutien essentiel à tous les dogmes.

9 Dieu utilise d’autres églises chrétiennes, voire des religions non chrétiennes pour le salut de toute l’humanité ; l’Église catholique n’est pas le seul moyen de salut. À chaque homme vivant, Dieu offre des grâces suffisantes à son salut. Celles-ci peuvent bien venir à des hommes se trouvant dans des religions non chrétiennes ou dans des « églises » non catholiques, mais elles ne peuvent jamais venir autrement que par Jésus-Christ et par son unique Église catholique.

10 La dignité de la personne humaine et la liberté de l’acte de foi sont le fondement de la liberté religieuse pour tous. Cela réfute le principe que « l’erreur n’a pas de droits ». Le catholicisme étant la seule religion véritable, la seule vraie liberté religieuse est la liberté d’être catholique. L’erreur, en effet, n’a aucun droit.

Kyrie eleison. 

[Riposte Catholique] Ordination pour la Fraternité Saint-Pierre au Nigéria

SOURCE - Riposte Catholique - 18 aout 2017

Le 15 août en la fête de l’Assomption, Mgr Gregory Ochiaga, évêque émérite d’Orlu (Nigéria), a ordonné prêtre l’abbé Charles Ike, FSSP au Sanctuaire de Nne Enyemaka de Umuaka. Il s’agit de la première ordination dans la forme extraordinaire depuis 50 ans au Nigéria.