15 décembre 2017

[Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter] L'influence de l'Église dans la société

SOURCE - Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter n° 240 - novembre-décembre 2017

Le cardinal André Vingt-Trois achève son ministère à la tête de l'archidiocèse de Paris. Il a accordé un entretien au Figaro le 10 novembre. À la question : « Ne voyez-vous pas une perte d'influence de l'Église en France ? », le Cardinal répond de façon assez stupéfiante : « L'Église n'a jamais eu d'influence ! »

Il développe ensuite sa pensée. D'abord, dit-il, l'Église n'a pas pu empêcher certaines lois mauvaises. Ensuite, affirme-til, la société civile est traversée de divers courants, l'Église n'en représentant qu'un seul. Il souligne également que « si les chrétiens ne sont pas investis, ce n'est pas l'archevêque de Paris qui va changer le cours des choses... » Enfin, il déclare que « la question n'est pas de savoir si la loi autorisera ou non [tel comportement condamnable], mais de savoir s'il y a des chrétiens suffisamment motivés pour ne pas y avoir recours ! »

Ces arguments ne sont guère convaincants. Certes, des lois mauvaises sont passées malgré la résistance des catholiques, mais l'important débat qui a accompagné la question du « mariage homosexuel », par exemple, manifeste clairement que l'Église peut avoir une influence quand les catholiques sont déterminés... surtout s'ils sont soutenus par leurs évêques ! Même si la société est aujourd'hui malheureusement pluraliste, quel parti politique ou syndicat réunit chaque semaine plusieurs millions de ses militants, comme l'Église ? Bien entendu, ce n'est pas l'archevêque de Paris seul qui agit dans la société (même si sa parole a un poids particulier), mais toute l'Église, depuis le dernier des fidèles jusqu'au sommet de la hiérarchie. Enfin, que les chrétiens s'abstiennent de faire le mal, même autorisé légalement, n'est pas équivalent à combattre les mauvaises lois et à promouvoir les bonnes.

Ces arguments du Cardinal concluent encore moins que l'Église n'a jamais eu d'influence. Peut-on dire que sous Constantin, l'Église n'a eu aucune influence dans la société civile ? Que Léon le Grand n'a pas eu d'influence en arrêtant les ravages d'Attila ? Que sainte Clotilde, que saint Rémi n'ont pas eu d'influence sur Clovis ? Que les rois saint Louis en France, saint Édouard en Angleterre, saint Henri en Germanie, saint Étienne en Hongrie, saint Herménégilde en Espagne, n'ont pas eu d'influence sur la société ? Que saint Bernard, saint Vincent de Paul, saint François de Sales, Bossuet, saint Grignion de Montfort, le curé d'Ars, n'ont pas eu un rayonnement social ?

Dire que l'Église n'a pas eu d'influence sur la société, c'est nier l'évidence de l'Histoire, c'est vouloir changer le réel au nom d'une idéologie. La chrétienté, cette union étroite de l'Église et de la société, cette civilisation imprégnée de christianisme, comme l'entendent les historiens, a bel et bien existé durant de nombreux siècles.

En vérité, le Cardinal connaît suffisamment l'Histoire pour savoir que cette influence de l'Église sur la société a été réelle et profonde. En affirmant tout de go que « l'Église n'a pas d'influence », il cherche surtout à se soustraire à ses responsabilités : c'est un langage de démission, d'abandon, de renoncement.

Sans doute, en ses modalités, l'influence de l'Église est-elle différente aujourd'hui de ce qu'elle fut lorsque l'État était officiellement chrétien. Désormais, c'est plutôt par ses intellectuels, ses réseaux modernes d'influence, sa capacité militante, ses institutions universitaires et ses revues, son clergé répandu sur tout le territoire et bien inséré dans la vie locale, que l'Église peut et devrait intervenir avec plus de pugnacité dans le débat public, contribuer à l'enrichir, à l'infléchir, à l'améliorer, à défendre et à promouvoir des valeurs qui font la vraie civilisation. Si toutefois les hommes d'Église veulent être vraiment catholiques, et non se rallier à une prétendue « modernité » qui n'est que le nom d'un monde rejetant Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Sans oublier évidemment la force de la prière et de la grâce : au cours de l'Histoire, quand la situation paraissait désespérée, une prière ardente a pu renverser le cours des choses. C'est ainsi que la bataille de Belgrade en 1456 avec saint Jean de Capistran, que la bataille de Lépante en 1571 avec saint Pie V, que la bataille de Vienne en 1683 avec Jean Sobieski, toutes remportées sur les musulmans oppresseurs de l'Europe chrétienne, furent d'abord des victoires de la prière.

Pour cela, toutefois, il faut que les clercs, et au premier rang les évêques, retrouvent le courage de leurs pères, celui que réclame leur fonction, et engagent les fidèles à prier et à agir dans la société, avec habileté, certes, mais sans crainte ni respect humain, pour le règne de Jésus-Christ.

Abbé Christian Bouchacourt +, Supérieur du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

[FSSPX Actualités] Etats-Unis : nouveaux membres pour la Fraternité Saint-Pie X

SOURCE - FSSPX Actualités - 11 décembre 2017

Jour de liesse à Dillwyn : 12 séminaristes ont prononcé leur premier engagement dans la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, en la solennité de l’Immaculée Conception.

La fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie est le jour consacré aux engagements publics, temporaires et perpétuels, dans la Fraternité Saint-Pie X.

Douze séminaristes ont eu ainsi la joie de prononcer leur premier engagement dans la Fraternité. De plus, quatre prêtres ordonnés à Winona en 2012 se sont engagés de façon définitive : il s’agit des abbés Steven Reuter, Anthony Haynos, Mark Mac Farland et Scott Graves.

La messe a été célébrée par l’abbé Patrick Abbet, sous-directeur du séminaire.

Le saint sacrifice de la messe est au cœur de la spiritualité de la Fraternité fondée par Mgr Marcel Lefebvre. L’Immaculée Conception y tient une place toute particulière, puisque c’est Elle qui a eu le privilège de former en son sein virginal la Victime que le prêtre offre sur l’autel.

Puisse la Vierge Marie, que le continent américain fête le 12 décembre sous le vocable de Notre-Dame de Guadalupe, donner aux membres de la Fraternité la grâce de demeurer fidèles à l’idéal de sanctification que son fondateur leur a laissé en héritage.

[Sylvain Dorient - Aleteia] Les Frères de Saint-Vincent veulent retourner à leurs missions!

SOURCE - Sylvain Dorient - Aleteia - 15 décembre 2017

La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, d'inspiration dominicaine, s'est lancée dans la construction d'une église: un projet aussi beau qu’accaparant.
Le chantier, qui occupe les Frères de Saint-Vincent, à Chémeré-le-roi (Mayenne), depuis septembre 2015, est né d’une bonne nouvelle. Les frères de cette jeune fraternité — fondée en 1979 par le père Louis-Marie de Blignières — sont devenus trop nombreux pour leur petite chapelle et ladite chapelle contient difficilement les fidèles qui suivent les offices de la communauté. « Nous étions obligés d’installer une partie des fidèles dans une pièce à part avec un écran pour suivre la messe », déplore le père Augustin-Marie Aubry, maître des novices de la fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

Les frères se sont lancés, chacun selon ses compétences, avec enthousiasme dans ce projet. Mais maintenant qu’il prend forme, ils voudraient le voir finir pour reprendre leurs missions. Ainsi, le père Jourdain-Marie, chargé de communication du chantier, témoigne : « J’ai hâte de pouvoir raccrocher l’appareil photo pour être plus directement au contact des personnes et non sans cesse derrière un objectif et un écran ».
Un frère trésorier-funambule
Le frère Alain-Marie Froment, l’économe de la Fraternité, est toujours sur la brèche. Il a un budget de 5,8 millions d’euros à gérer, qui comprend la construction d’une église, d’une hôtellerie et d’un cloître. Grâce à la générosité des donateurs, les deux tiers des travaux sont financés, soit 3,8 millions d’euros. Le frère se souvient qu’au plus fort du chantier, il devait honorer des factures s’élevant jusqu’à 300 000 euros par mois ! Il avait la sensation d’avancer dans le vide, comme un funambule : « Actuellement, la note mensuelle a bien diminué, se réjouit-il, mais elle est encore d’environ 180 000 euros. Alors, je m’agrippe à ma perche et ne regarde pas en direction du sol ! ». « Sa perche », se sont les dons des bienfaiteurs, auxquels il demande un dernier effort pour boucler son budget.
Nous finirons avant l’été… si Dieu veut !
Le père Augustin-Marie Aubry rappelle que, si le casque de chantier ne manque pas de charme, les frères ont choisi la capuche. Ils sont d’abord apôtres : leur vie se nourrit de contemplation, de prière et de prédication. Il espère donc que, comme convenu, l’église sera achevée à l’été 2018. Notamment pour que les frères puissent reprendre leurs projets d’études (doctorats, publications, etc.), d’enseignements, ou encore développer l’existant, comme  la Revue de Chémeré, Sedes Sapientiæ. Tout cela est mis en sommeil pendant le temps des travaux.

Ils attendent aussi de pouvoir reprendre l’apostolat en milieu rural, qui passe par la visite de fermes, et l’apostolat d’évangélisation des personnes de culture musulmane. Ils voudraient enfin pouvoir accueillir des retraites dans de bonnes conditions. Cela sera possible grâce à la nouvelle hôtellerie, qui accueillera des retraites : « Retraites du Rosaire, retraites du combat spirituel et retraites des vocations », précise le père Augustin.

Mais il souligne aussi que le chantier n’a pas été stérile, car les frères et les ouvriers se sont très bien entendus. Des relations d’amitiés sont même nées, puisque l’un des maçons a demandé à l’un des pères de la communauté de baptiser son petit-fils. Cette église qui sort de terre n’a pas attendu d’être achevée pour commencer son œuvre apostolique !

[FSSPX Actualités] François : ne pas aller à la messe est un péché

SOURCE - FSSPX Actualités - 15 décembre 2017

Dans un discours prononcé en langue italienne lors de l’audience générale du 13 décembre 2017, le Saint-Père a continué son cycle sur la messe en répondant à la question: «pourquoi aller à la messe le dimanche?»

«Nous, chrétiens, c’est pour se laisser rencontrer par le Christ que nous allons à la messe le dimanche», a expliqué François.

«Et d’ailleurs, les disciples ne s’y sont pas trompés», a expliqué le pape, précisant qu’«eux-mêmes avaient pris l’habitude de célébrer la rencontre eucharistique le dimanche, car c’était en ce jour que s’était produite la Résurrection, ainsi que la grande effusion de l’Esprit Saint à la Pentecôte».

«Un certain nombre de sociétés sécularisées ont perdu le sens chrétien du dimanche illuminé par la messe», a déploré François avant de marteler: «ça, c’est un péché!»

Sur la question du dimanche comme jour chômé, le Saint-Père a rappelé: «au tout début, la cessation du travail le dimanche n’existait pas» dans l’Empire romain, «c’est l’apport spécifique du christianisme», car en passant «de l’état d’esclave à celui d’enfant de Dieu, on a fait du dimanche un jour de repos rempli par la messe».

«Nous allons à la messe», a conclu François, parce que « nous avons besoin de la grâce de Jésus», et que sans la messe nous «ne pouvons pas être des témoins crédibles» de notre foi.

Il est heureux d'entendre le pape rappeler le devoir de sanctifier le dimanche. Ce devoir fait partie des commandements de l'Eglise, et correspond au troisième commandement de Dieu : «Tu sanctifieras le jour du Seigneur». Il consiste à s'abstenir d'œuvres serviles et à rendre à Dieu le culte qui lui est dû, en toute justice, en esprit et en vérité (cf. Jn 4, 23). Or l'assistance à la sainte Messe est le moyen par excellence de rendre à Dieu ce culte sacro-saint. Ici se place tout le drame de la réforme liturgique post-conciliaire, qui altère plusieurs vérités essentielles de la doctrine de la messe catholique, et justifie la défense de la messe traditionnelle.

13 décembre 2017

[Fraternité Saint-Pie X (Belgique)] Communiqué de presse du 13 décembre 2017

SOURCE - Fraternité Saint-Pie X (Belgique) - 13 décembre 2017
En 2011, dès que les parents avaient rapporté les graves accusations dont un prêtre suisse de la Fraternité Saint-Pie X faisait l’objet, son supérieur l’avait immédiatement relevé de tout ministère et avait averti les services de Police dans les 24 heures. La Fraternité avait évidemment pleinement coopéré avec les autorités judiciaires belges.

La Cour d’Appel de Bruxelles vient aujourd’hui de condamner ce prêtre. 

L’arrêt rendu ce jour précise très clairement que la culpabilité se fonde notamment sur plusieurs éléments (témoignages et documents) fournis volontairement par la Fraternité aux autorités judiciaires.

Les faits incriminés sont très graves, a fortiori lorsqu’ils sont commis par un prêtre. La Fraternité Saint-Pie X condamne avec la plus grande force de tels comportements. Les suites canoniques feront sans délai l’objet d’une procédure, conformément au droit de l’Eglise.

Les supérieurs de la Fraternité expriment toute leur tristesse par rapport à ces agissements. Ils regrettent profondément qu’un des membres de leur société ait pu commettre de tels actes scandaleux, si fermement condamnés par l’Evangile.

Ils demandent pardon à la victime et à sa famille. Ils les assurent à nouveau de leur disponibilité pour les aider autant qu’il est possible et si elles le souhaitent. Leurs pensées et leurs prières s’étendent aussi à toutes les autres personnes blessées et scandalisées à juste titre par cette douloureuse affaire.

La Fraternité Saint-Pie X exerce une vigilance accrue pour que de tels drames ne se reproduisent plus.